m o u v e m e n t . d e s s i n . m o t

À PROPOS
BIO
PRATIQUE ARTISTIQUE: MAISON-TEMPLO-JARDIN
CV & PORTFOLIO
BIO

Je suis Dagô, artiste chorégraphique et performeur pluridisciplinaire brésilien, installé en France. Je suis le fils queer d’un jaguar noir qui garde un requin vivant dans son ventre, et c’est d’elle que j’ai appris à devenir l’inventeur de mon corps. Mon travail part de l'imagination et de l'imaginaire comme ressource chorégraphique, poétique-politique et magique, en investissant dans le dialogue entre les pratiques du mouvement, du dessin et des mots.
Mon mouvement est murmuré par les êtres enchantés du Pantanal de mon enfance, par les dunes et les vagues atlantiques de Jaguaruna, où je suis né, et par les arbres embrasés du Cerrado dans lequel j’ai grandi après.
Dessiner des corps a été ma première pratique somatique. Très tôt, le dessin m’a appris à réimaginer, réparer et sauver mon propre corps — ma première pratique somatique, ma première danse, sans que je le sache. Il m’a aussi appris à rêver des « Autres », ce que je n'ai jamais cessé de faire. L’Autre est ma question-blessure. Je poursuis ce mystère. Être queer a été ma première grande leçon d’altérité, suivie par celle d’être immigrant en Europe. En 2012, j’ai commencé à danser définitivement en improvisant dans les rues de Lisbonne, avec la ville et les plaies coloniales qu'elle me faisait découvrir. En 2019, fuyant la montée de l’extrême droite au Brésil, j'ai eu une bourse pour étudier la Chorégraphie et je me suis exilé en France pour approfondir les questions ouvertes dans Boca Seca, la première pièce de danse que j’ai dirigée.
La chorégraphie est devenue pour moi un espace d’agentivité et de guérison, d’invention transdisciplinaire et spéculative. Des chiens bâtards m’ont appris à reconquérir de la puissance dans mon premier solo, Bâtard Sauvage, me révélant un corps également magique que politique — joyeusement inachevé, collectif, une forme émancipatrice de faire de la politique. J’ai poursuivi ce travail en transformant mon corps en un lieu peuplé de beaux fantômes dansants, d’amulettes qui me rappellent de ne pas être capturé, de gardiens protégeant mon droit à une anatomie enchantée (extra-réelle). J’ai créé aussi les solos-amulettes Vagues sensations d'une île (2022), Astéroïde AP-612 (2023), Rappel pour ne pas mourir (2024-) et DÉCHARGEMENT. who Carries ? (2026).
Depuis, je prends soin de mon travail comme d’un jardin, insistant à me mouvoir avec la blessure dans une main et le soin dans l’autre, résistant au désenchantement et imaginant, par la chorégraphie, des manières de me relier plus attentivement à la vie, et de réinventer à la fois la solitude et l’être-ensemble.
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Licence (Bachelor) em Arts Visuels, Brésil
UnB - Universidade de Brasília, Brasília - 2016
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Échange académique en Scénographie, Portugal
ULisboa - Universidade de Lisboa, Lisbonne - 2012
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Master en Création artistique - Arts de la Scène, France
UGA - Université Grenoble Alpes, Grenoble [Bourse IdEX - Initiatives d'Excellence] - 2021
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PACAP 5 - Programme Avancé en Arts Performatis, Portugal
Fórum Dança, Lisbonne (Direction artistique de João Fiadeiro) - 2022
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Master Exerce - Études Chorégraphiques: Recherche et représentation, France
Agora - Cité Internationale de la Danse e UPVM3 - Université Paul Valéry Montpellier 3,
Montpellier [Bourse Artistes dans la cité - Fondation Hermès] - 2025
PRATIQUE ARTISTIQUE:
MAISON - TEMPLE - JARDIN
Je m'inspire d'une logique écosystémique (oikos, la maison, et systema, l’ensemble) pour orienter ma pratique comme un espace hybride d’appartenance, d'interdépendance et d’enchantement. La maison abrite le corps intime et vécu ; le temple accueille le corps invisible et magique, le rituel et le soin ; le jardin cultive le corps collectif, les liens partagés et la co-responsabilité.
Dans ma pratique, la fiction — ou l’extra-réel — et l'imagination sont essentielles pour traduire des réalités intraduisibles et dissidentes, en créant des ponts décoloniaux et queer vers l’altérité. L’activation d'imaginaires devient ainsi une ressource chorégraphique, magique, philosophique et politico-poétique.
Par le glissement de gestes, des images, de mots et de présences, je cherche à produire des vibrations de sens plutôt que des définitions fixes, oscillant entre surface et profondeur, familiarité et étrangeté, tout en préservant le mystère, quoi que ce soit. Chaque création est une occasion pour moi de pratiquer la vie — un lieu de rencontre qui aspire à se fondre dans le monde et à nous apprendre à mieux l’habiter. Aucune œuvre ne se suffit à elle-même : chacune est une étoile au sein d’une constellation de gestes et de traductions du quotidien. Mon désir est d’écouter l’évident — être suffisamment sensible pour accueillir les réponses que la vie ne cesse de murmurer.